Pourquoi un poupon dans un garde-manger a toute sa place dans l’exposition « Le Corps et le Sacré »

« C’est moche ! » ou « c’est débile » : certaines réflexions entendues dans la rue, issues de passants interpelés devant la vitrine de la Galerie du 36 rue Mercerie sont intéressantes car elles posent une vraie question. « Qu’est-ce-qu’une œuvre d’art ? »

Eternelle question qui revient sans cesse depuis plus d’un siècle et qui suscite toujours un débat passionné. Ainsi le poupon enfermé dans un garde-manger est plus que jamais une œuvre d’art car elle questionne et elle dit des choses. Réalisée par Paul Aimé Brochier, ancien professeur d’art plastique, peintre, sculpteur et conférencier, elle s’intitule « Oratoire ». Allusion à ces petits édifices dressés sur les chemins ruraux invitant le chaland à la prière et à l’offrande. L’œuvre  ne représente pas la Vierge Marie mais Jésus enfant, les bras en croix, enfermé et victime des ambitions religieuses, mercantiles et politiques des hommes de pouvoir. Elle fait réagir et c’est l’intention.

L’exposition « Le Corps et le Sacré » marque ainsi un cap dans les expositions collectives proposées par l’association « Sist’Arts » : les œuvres présentées sont issues d’artistes qui ont des choses à dire. Le propos précède l’œuvre et toutes les peintures, sculptures, photographies ou installations présentées sont accompagnées de panneaux qui permettent aux visiteurs d’entrer un peu plus dans l’univers des artistes.

Non, l’Art ce n’est pas seulement de jolis tableaux de « champs de lavandes » et dans un monde où trop souvent on pense pouvoir tout vendre et tout acheter, une œuvre d’art peut simplement être un objet multiforme permettant à celui qui la réalise de s’exprimer.

Une exposition à visiter jusqu’au samedi 22 décembre. Galerie l’Atelier au 36 rue Mercerie.

Ouvert tous les jours (sauf dim) 10h-12h et 15h-18h

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Un oratoire à la croisé des chemins / « Oratoire », oeuvre de Paul-Aimé Brochier

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Une exposition qui nous élève, entre Corps et Sacré à la Galerie Sist’Arts.

Durant trois semaines, c’est une magnifique exposition collective de 28 artistes qui est présentée sur trois niveaux, avec un thème qui questionne le monde et ses repères : « Le Corps et le Sacré » dévoile une centaine d’œuvres originales en peintures, sculptures, photographies et installations.

« Le Corps et le Sacré » c’est tout d’abord une vitrine. Rue Mercerie, et alors que les jours s’assombrissent et qu’on se prépare à entrer dans l’hiver, deux halos de lumière semblent appeler les passants à la réflexion. A gauche de l’entrée de la Galerie du 36, Chris Etoffe, artiste mystérieux, a réalisé une installation qui questionne. Un corps déformé plonge vers un sacré enfoui, à moins que ce ne soit l’inverse. Un arbre de la pensée, gardien de cette exposition aux multiples facettes. A l’opposé sur la droite, c’est un « Oratoire » réalisé par Paul-Aimé Brochier, artiste du département voisin qui met en scène Jésus enfant, les bras en croix, contraint dans un espace qui évoque ceux que l’on observait jadis à la croisée des chemins. Une œuvre puissante qui rappelle que les enfants, de tous temps sont les victimes des ambitions mercantiles, religieuses et politiques des hommes de pouvoir.

Le ton est donné : c’est une exposition qui décline les thématiques du « corps » et du « sacré » au travers de jaillissements multiples. Passé l’entrée et tout au long de la visite des trois niveaux, les peintures, sculptures, photographies et installations sont autant de regards simples ou distanciés avec surtout différents niveaux de lecture pour chacune des œuvres.

Au rez-de-chaussée, des sculptures se dressent, sortes de gardiennes de l’esprit « sacré » de l’exposition. Les artistes Sid, Benoit De Souza et Alfredo Lombardo, avec talent, ont contribué en plaçant judicieusement leurs personnages aériens et multiformes. Plus loin, les symboles se désacralisent soudain avec un « Christ décrucifié ». L’artiste russe Yvanovich Roussof fait allusion à ses disciples qui avaient l’intention de descendre Jésus de sa croix pour faire croire à une résurrection immédiate. Un Christ qui a inspiré de nombreuses œuvres de l’exposition : icone déchue assaillie par les marques de l’économie mondialisée, figure magnifiée, martyr de deux amants dont les corps se retrouvent plaqués sur deux toiles resplendissante (« Les amants crucifiés » de Sandrine Brouquier) ou même victime d’hallucination au LSD (« Le Christ et ses soucoupes volantes » de Jean-Marc Foulon).

Mais le « sacré » n’est pas uniquement la religion : tout ce qui a de l’importance, tout ce qui nous élève et qui nous permet de vivre se retrouve décliné dans des tableaux ou photographies surprenantes. Une vision miraculeuse dans le ciel (« 9 photographies » de Charlotte Havret), une « mama » originelle réconfortante (« La pacha mama » de Gersande Muller), une grand-mère adorée (tableau de Svitlana Rasymiene), à chaque fois, le visiteur peut s’attarder sur le propos et faire davantage connaissance avec l’univers de l’artiste.

Des univers parfois complexes, comme le montre les installations réalisées au sous-sol. Dans la première salle, une sorte de grotte laisse deviner un ensemble de cocons dans un univers chamanique (installation d’Audrey Barbati et tableau de Jean-Christophe Lelièvre). Quelques symboles et des enfants mutilés qui apparaissent, sous le regard d’une déesse réinvestie d’une modernité transhumaniste. Ces installations vont évoluer durant toute la durée de l’exposition, permettant ainsi de distiller un propos à plusieurs niveaux.

Et tandis que juste à côté, le « corps » tente, à l’occasion d’une série de portraits photographiques, de nous en dire plus (photographies de Toy Aagma), le « sacré » plane sur cette exposition et sublime tout ce qui fait que l’Homme reste et restera capable de se transcender au travers de l’Art.

(En plus des artistes cités dans l’article, l’exposition comprend aussi les œuvres de : Felix Lyon, Emmanuel Fontrand (magnifiques dialogues entre des corps nus et des lieux sacrés), Geneviève Lefebrve, Philippe Mongenet, Nathalie Couyère, Muriel de St Meleuc, Thierry Peeters, Cédric Gaubert (avec une œuvre splendidement universelle « Raël » en hommage à son fils et à la nature), Sandrine Sanchis, Colin Zmirou, Hugues Balza, Hubert Lombard, Amélie Boissy, Sylvain Poncet)

Une exposition à ne pas manquer. Galerie l’Atelier au 36 rue Mercerie.

Ouvert tous les jours (sauf dim) 10h-12h et 15h-18h

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